Premier constat : la cyberassurance gagne du terrain
60 % des entreprises détiennent maintenant une cyberassurance, selon le Bilan TI 2026 de Novipro. En 2025, cette proportion n’était que de 27 %. En un an, la cyberassurance est donc passée de l’exception à la norme.
Une cyberassurance vise à atténuer les conséquences financières d’un incident de cybersécurité, comme une fuite de données ou une interruption des activités.
Cette progression est encourageante. Toutefois, elle soulève une question importante : certaines organisations considèrent-elles la cyberassurance comme une protection en soi?
Une cyberassurance fait partie d’une stratégie de gestion des risques, mais elle ne remplace pas les mesures de prévention, de détection et de réponse aux incidents.
Deuxième constat : un décalage entre les dirigeants et les équipes TI
Le Bilan TI 2026 révèle un fossé important entre la perception des dirigeants et la réalité de leurs équipes TI. Ce décalage n’est pas surprenant lorsque seulement 37 % des dirigeants considèrent les technologies de l’information comme un investissement. Les autres les perçoivent comme une dépense ou un mal nécessaire.
Quelques données importantes tirées du rapport :
- 74 % des dirigeants non-TI ne voient pas les technologies de l’information comme un partenaire stratégique.
- 91 % des équipes TI font face à au moins un problème de ressources humaines.
- Le principal défi, selon 45 % des répondants, est le besoin accru de formation continue.
Conséquences sur la cybersécurité
Ces résultats confirment que les équipes TI ne participent pas toujours aux discussions stratégiques à la hauteur de leur rôle dans l’organisation. Pourtant, les entreprises dépendent de plus en plus des technologies pour soutenir leurs activités, gérer leurs risques et mener leurs projets à terme.
Un enjeu qui touche aussi la cyberassurance
Ce contexte a des conséquences directes sur la sécurité. Lorsque les TI participent trop tard aux décisions d’affaires, les enjeux de cybersécurité passent souvent au second plan. Il devient alors difficile de tirer pleinement profit des investissements technologiques lorsque les équipes qui en comprennent les risques, les contraintes et les impacts participent peu aux décisions.
Ce décalage devient particulièrement visible lorsqu’on s’intéresse à la cyberassurance. Plusieurs organisations souscrivent une police pour réduire leur exposition aux risques, mais peu réalisent que cette protection repose sur des exigences de sécurité bien concrètes.
Les exigences derrière la cyberassurance
La cyberassurance peut limiter les conséquences financières d’un incident, mais elle s’accompagne généralement de conditions précises. Or, plusieurs organisations sous-estiment encore l’ampleur de ces exigences.
Pour qu’une réclamation soit valide, les assureurs exigent généralement que l’organisation ait mis en place des contrôles de sécurité minimaux :
- Authentification multifacteur (MFA) sur tous les accès critiques
- Sauvegardes régulières, testées et isolées
- Gestion rigoureuse des accès et des privilèges
- Plan de réponse aux incidents documenté et testé
- Formation de sensibilisation à la cybersécurité pour les employés
Le défi ne consiste pas seulement à mettre ces mesures en place, mais aussi à s’assurer qu’elles demeurent efficaces dans le temps. Avec 91 % des équipes TI aux prises avec des défis de ressources humaines et de formation, plusieurs organisations peinent à effectuer les suivis nécessaires. Un plan de réponse aux incidents peut exister sur papier, mais s’il n’a jamais été testé, son efficacité demeure incertaine. C’est souvent dans cet écart entre les mesures documentées et les mesures réellement appliquées que naît un faux sentiment de sécurité.
Trois pistes pour renforcer sa posture de sécurité
La bonne nouvelle, c’est que ce fossé entre perception et réalité peut se combler. Pour y arriver, les organisations doivent valider leurs contrôles de sécurité, impliquer davantage les TI dans les décisions et traiter la cybersécurité comme un enjeu de gouvernance. Voici par où commencer.
1. Auditer sa posture de sécurité avant le renouvellement de la police
Une évaluation annuelle permet d’identifier les écarts entre ce que votre assureur exige et ce que votre organisation a réellement mis en place.
2. Impliquer les TI en amont des décisions d’affaires
Formaliser la participation des TI dans les décisions importantes permet d’identifier les risques plus tôt et de mieux protéger l’organisation.
3. Traiter la cybersécurité comme un enjeu de gouvernance, pas un poste budgétaire
La cybersécurité n’est pas une ligne budgétaire parmi d’autres. Elle contribue directement à la continuité des opérations, à la protection des données et à la confiance des clients.
Au-delà de la cyberassurance
La vraie question n’est pas de savoir si votre organisation détient une cyberassurance, mais si elle dispose également des mesures nécessaires pour réduire ses risques et répondre aux exigences de cette couverture.
Il y a une différence importante entre détenir une police d’assurance et disposer d’une stratégie de cybersécurité solide. Sans mesures de protection adéquates, une cyberassurance ne peut pas compenser à elle seule les risques auxquels une organisation s’expose.
Le Bilan TI 2026 est clair : le fossé entre la perception des dirigeants et la capacité réelle de leurs organisations est bien réel. Le combler commence par une conversation honnête entre dirigeants d’affaires et responsables TI.
Chez Consultation M365, nous aidons les organisations à transformer les exigences de leur cyberassurance en actions concrètes. Qu’il s’agisse d’évaluer la posture de sécurité, de renforcer les contrôles d’accès, de protéger les identités Microsoft 365 ou de sensibiliser les utilisateurs, l’objectif demeure le même : réduire les risques et renforcer la cyberrésilience de l’organisation.
Une cyberassurance peut contribuer à atténuer les conséquences financières d’un incident. La cyberrésilience, elle, vise à réduire les risques en amont et à permettre à l’organisation de poursuivre ses activités lorsqu’un incident survient. Les deux sont complémentaires, mais l’une ne remplace jamais l’autre.
Source : Bilan TI 2026 de Novipro


